Lecteur, encore un peu de patience !

Mon blog me permet de remettre en ligne les écrits et photos du site de l'association "Dessine-moi un enfant", aujourd'hui disparue. Vous pouvez d'ores et déjà parcourir ce voyage autour du monde de 18 mois en image. Les écrits, quant à eux, me demandent un peu de travail de relecture, non pas pour les modifier, puisque je cherche à garder leur spontanéité, mais pour rajouter les accents absents des claviers anglophones. J'alimente donc au fur et à mesure ce blog des reportages, articles, extraits de mon carnet de route.
Affichage des articles dont le libellé est enfants. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est enfants. Afficher tous les articles

lundi 29 mars 2010

Les écoliers népalais et le système éducatif

Le système éducatif népalais

Les écoliers népalais entrent généralement en maternelle dès qu'ils atteignent l'âge de 4 ou 5 ans. L'école maternelle comporte deux classes : LKG (Lower Kinder Garten) soit la maternelle inférieure et UKG (Upper Kinder Garten) soit la maternelle supérieure. Entre 7 et 11 ans, les enfants vont à école primaire, de la classe 1 à la classe 5. Puis à partir de 12 ans en général, ils rentrent au collège, de la classe 6 à la classe 10. Enfin, les élèves de 17 et 18 ans vont au lycée pendant deux ans, en classe 11 et 12. Après cela, les élèves qui le désirent et dont les familles peuvent se le permettre, rejoignent les universités payantes qui se situent principalement dans les grandes villes comme Katmandou et Pokhara.
L’éducation au Népal traduit pour le moins les inégalités sociales auxquelles est confronté le pays. Bien que l’enseignement se développe de plus en plus dans les villages des campagnes reculées, les progrès sont lents particulièrement dans les zones montagneuses. 60% de la population demeure illettrée.

Le pays subit également une importante carence en termes d’enseignants qualifiés, plus de la moitié des 92 000 instituteurs népalais n’ayant reçu aucune formation. Avec 3,6 millions d’enfants inscrits à l'école primaire, cela ferait donc une moyenne d’un enseignant qualifié pour 88 enfants. Il faut également tenir compte de tous les enfants qui ne sont pas inscrits à l'école parce que leur famille a besoin d’eux, au quotidien, pour les travaux des champs. Pour suppléer à ce système éducatif public défaillant, de nombreux instituts et écoles privées se sont créés depuis le début des années 1990, principalement dans la vallée de Katmandou et dans les grandes villes du pays. Certaines de ces écoles, à but manifestement très lucratif, coûtent aux familles une petite fortune : de 1000 Roupies népalaises (12 Euros) à plusieurs milliers voire dizaines de milliers de Roupies par an. C’est malheureusement le prix à payer pour recevoir une éducation de qualité tandis que celle dispensée dans les écoles publiques gratuites, stagne à un niveau médiocre.
Dans les écoles privées, les cours se déroulent généralement en anglais, ce qui a pour conséquence de favoriser l’avenir des enfants qui ont suivi ce type d’enseignement et, par la même, d’accroître encore un peu plus les disparités sociales. Le tourisme étant l’un des seuls moteurs économiques du pays, les jeunes Népalais ne parlant pas anglais sont presque automatiquement écartés de la source de revenus la plus convoitée du pays. Ce triste constat fait bien sûr encore le jeu des Maoïstes qui voient ainsi chaque année affluer dans leurs rangs, par dépit, de nombreux jeunes peu éduqués.
S’il ne réforme pas profondément l’éducation nationale, le royaume risque donc son avenir politique en même temps que la stabilité du pays.

Les enfants népalais rencontrés

De part la situation stratégique du Népal entre la Chine et l’Inde, ce pays se nourrit de nombreuses influences étrangères que l’on retrouve dans les réponses des enfants quel que soit leur milieu social et leur lieu d’habitation. Toutefois, il est à noter que les élèves de la vallée de Katmandou restent plus en contact avec l’univers international, compte tenu de la proximité des médias qui véhiculent les modes de vie à l'étranger. Plus on s’éloigne du centre névralgique de la capitale, plus les influences des pays voisins (Inde et Chine) se font sentir aux dépens de l’apport occidental. Les enfants népalais sont le résultat de ce melting-pot : ils restent ancrés dans leur culture d’origine mais s’enrichissent des influences internationales qui leur permettent de s’ouvrir sans difficulté aux cultures étrangères et aux autres.
De plus, l’étude réalisée auprès d'élèves légèrement plus âgés (à Bodnath) renseigne sur le changement intellectuel qui s’opère entre l’enfance et l’adolescence, les réponses se faisant plus précises, étant inscrites dans le temps et empreintes de moralité.

Lire les réponses détaillées des enfants népalais :
- Les enfants des orphelinats de Patan et Sauraha gérés par le Nepal Children Welfare Home
- L'école Montessory House de Patan
- Les enfants tibétains de l'école Srongtsen de Bodnath


jeudi 25 mars 2010

L'école Montessory House de Patan

Grâce à l’aide de Chantal Lama, Directrice de l’Alliance Française de Katmandou, nous sommes intervenus dans deux établissements privés de la vallée de Katmandou :
- l'école Montessory House de Patan qui accueille à la fois des Népalais, des étrangers et des enfants possédant une double nationalité ;
- l'école Srongtsen de Bodnath dont 99% des élèves sont issus de la communauté tibétaine népalaise qui s’est réfugiée au Népal après l'échec du soulèvement contre l’envahisseur chinois en 1959.

Nos interventions se sont déroulées pendant les cours ou les initiations à la langue française. Nous remercions donc les deux professeurs qui ont joué le rôle d'interprète et qui ont eu la gentillesse de consacrer leur cours hebdomadaire à la réalisation de ce projet.

Les 34 élèves de l'école Montessory House qui ont répondu au questionnaire, sont issus d’un milieu social aisé. Enfants de familles riches de la vallée de Katmandou (certains d’entre eux sont même des enfants d’expatriés d’origine japonaise ou coréenne), ils ont la chance de suivre un enseignement de qualité au sein d’un établissement reconnu et dont les frais d’inscription sont supérieurs à bien des salaires perçus au Népal. Bénéficiant de nombreux avantages et d’une ouverture sur les autres cultures, ces écoliers privilégiés ont ainsi tendance à avoir les mêmes références que de nombreux enfants des pays les plus favorisés, nations occidentales et d’Asie du Nord-Est en tête.
Leurs personnages préférés sont ainsi des héros de dessins animés américains (Cendrillon – 4, Tom et Jerry – 3, Musclor) ou japonais (Pokemon – 2, X-Men), mais aussi des personnages de films américains (Harry Potter – 2, Arnold Schwarzenger, Will Smith dans "Men in Black", "Zorro", "E.T", "Le Seigneur des Anneaux"), du cinéma de Hong Kong (Jackie Chan, Jet Li) ou du cinéma indien (Sharukahn – 2). Quatre élèves mentionnent également les catcheurs américains.
De même, les livres favoris de ces écoliers sont Harry Potter (3), Pokemon (3), Blanche-Neige (2), Cendrillon (2), Garfield, Musclor, Winnie l’ourson, Tarzan ou Scoobidoo. Cinq élèves évoquent cependant des références plus didactiques (encyclopédie – 2, livres d’histoire ou d'éducation).
Les réponses concernant leurs jeux ou jouets favoris sont, elles aussi, très révélatrices. Neuf enfants citent les jeux vidéo (dont 5 pour la seule console « Playstation ») et cinq mentionnent les figurines de super héros ou de catcheurs américains. D’autres élèves demeurent plus classiques, même si l’influence occidentale est toujours présente, évoquant la poupée (5) ou l’ours en peluche. Les jeux dont ils rêvent sont, là encore, les jeux vidéo (16), marque d’un certain niveau social. Quatre enfants citent les produits dérivés du dessin animé japonais « Pokemon » (livres, cartes, peluches, jeux), un enfant totalement « pokemonisé » ayant répondu « Pokemon » à près d’une question sur trois. Les poupées (3 réponses dont deux pour Barbie), les figurines de super-héros d’Outre-Atlantique (3), les petites voitures (2) et les ballons (2) sont également mentionnés. Deux enfants indiquent modestement qu’ils voudraient un scooter. En terme d’alimentation, ces écoliers népalais font la part belle aux pizzas (12), aux hamburgers (9) et aux frites (6), ceci même si aucune grande chaîne multinationale de restauration rapide spécialisée dans les pizzas ou les hamburgers ne s'est encore installée dans la vallée de Katmandou. Les plats népalais sont tout de même mentionnés : momos (7), (sorte de raviolis); aloochop (4) (qui ressemblent à nos pommes dauphine) ; autres plats népalais (3).
Leurs goûts musicaux sont également très internationaux : chansons de langue anglaise (12), artistes indiens (3) ou japonais (2). Pour la première fois depuis le début de cette étude à travers le monde, trois enfants indiquent la musique rap, un d’entre eux précisant « le rap népalais ». Dix enfants citent tout de même la musique népalaise, bien que ce soit souvent de la musique pop d’inspiration indienne ou occidentale, le phénomène des « boys band » et autres « girls band » étant en plein essor au Népal.
Les sports favoris de ces élèves sont, là aussi, des sports « universels », principalement d’origine anglo-saxonne : football (13), natation (11), basket-ball (8), cricket (7), catch (3), badminton (3), tennis (2) ou même le rugby.

Concernant le métier que ces enfants aimeraient exercer plus tard, les réponses sont plus éclectiques. Certains rêvent de réussite sociale ou financière : ingénieur (5), catcheur, acteur ou directeur d’hôtel. Néanmoins, nombreux sont ceux qui ressentent une vocation, une passion ou veulent aller au bout de leurs rêves : médecin (7) pour « aider les gens » ou « sauver des vies », professeur (4) pour « aider les enfants », pilotes (2) pour « voler » ou « voir la terre depuis le ciel », astronaute « pour aller sur la lune », vétérinaire « pour sauver les animaux », artiste peintre, danseuse, guitariste, infirmière et cette étonnante vocation de « riche homme d’affaires pour aider les pauvres ». Même la plupart de ceux qui souhaitent devenir ingénieur confessent que ce n’est pas tant pour l’argent que pour « construire » et « créer ». Il y a aussi ces trois élèves qui veulent devenir « soldats britanniques » pour « voyager » et « gagner de l’argent » mais aussi pour « faire respecter la paix dans le monde » ou, plus prosaïquement, pour « sauver le monde ». Il nous faut ici signaler que, depuis plusieurs siècles, de nombreux Népalais, réputés pour leur force et leur bravoure, appartiennent à certains corps d'armées britanniques.

Les principaux repères de ces enfants demeurent encore la famille et l'école. La plupart d’entre eux aimeraient ressembler à leur père (12), leur mère (5), leur grand frère (4) ou leur sœur, et l’une des choses la plus importante pour eux est d’être avec leurs parents (11) ou leurs frères et sœurs (2). Toutefois, l'école semble être aussi un élément essentiel (16), largement devant le fait de regarder la télévision (8), de manger (5) ou de jouer (5). De même, après l'école, la majorité des élèves interrogés font leurs devoirs (25) après avoir goûté (15) et parfois s'être changés (5).

Les événements récents qui les ont marqués sont très liés à leur quotidien : une fête d’anniversaire (13), un accident (4), un cadeau reçu (3) ou un cauchemar (2).

Quant à leurs rêves, il s’agit souvent de voyages, soit vers « un pays merveilleux » (6), soit à l’étranger (3). Les inspirations les plus originales sont également suscitées par cette question : « être une fée » (2), « voler », « jouer dans mes rêves », « être un maître de karaté », « tuer le champion de catch The Rock », « devenir le petit ami de mon professeur de danse », « aller au pays des jouets », « avoir tous les jeux », « arrêter le monde et prendre tous les jeux vidéo Playstation » ou l’inquiétant « avoir des pistolets et arrêter les gens pour avoir tout ce que je veux ». Deux enfants se montrent, de leur côté, particulièrement sages souhaitant « qu’il y ait la paix au Népal » ou « qu’il y ait la paix et des pensées positives chez tous les hommes ». Ainsi, des volontés pacifiques au terrorisme, l’éventail des aspirations est on ne peut plus large.

À la question « Quel est le mot que tu préfères ? », les réponses sont également très disparates :
- des mots de tous les jours (hello – 4, welcome – 2, bye bye, merci, bonne journée),
- des verbes (jouer, avoir, manger),
- des douceurs culinaires (chocolat, raisin),
- des prénoms d’amis proches,
- des jouets (poupée, ours et « Pokémon » pour l’inconditionnel de la sautillante boule jaune),
- des qualificatifs (juste, plaisant).
Enfin, les questions que les élèves népalais souhaitent poser aux enfants français sont des questions génériques (« Comment t’appelles-tu ? » – 5, « Quel âge as-tu ? » – 3), Relatives à l’école (9), à leurs goûts (plat favori, sport, jouet ou dessin animé préféré), à la France (2) ou aux langues (« Parles-tu anglais ? », « Parles-tu népalais ?»).
Nous citerons, pour conclure sur une note optimiste, cette étonnante interrogation : « As-tu des pensées positives ? ».

lundi 15 mars 2010

Le projet "Dessine-moi un enfant" en Chine

Le système éducatif

De part sa population gigantesque, il n’est pas étonnant d’observer que la Chine compte 230 millions d’écoliers encadrés par 14 millions d’enseignants dont 11 millions de professeurs diplômés et tout de même 3 millions d’enseignants sans formation.
Entre 1920 et 1940, la volonté de la Chine républicaine de moderniser l’éducation avait été anéantie par la guerre civile et l’invasion japonaise. À partir des années 50, l’ère maoïste fut synonyme de détérioration de l’ensemble du système éducatif. À l’heure actuelle, l'éducation chinoise se remet petit à petit des ravages de la Révolution culturelle.
Pendant toute cette période et dans tout le pays, de nombreux enseignants étaient violentés voire sommairement exécutés et souvent remplacés par des paysans ignorants. L’enseignement était alors devenu un instrument au service de l’endoctrinement des masses. Le respect confucéen qui était auparavant accordé aux professeurs, a depuis été restauré mais les écoles manquent toujours cruellement de fonds et les enseignants sont très mal rémunérés. De plus, un apprentissage basé sur la mémorisation et l’absence de débat au sein de la classe font du système éducatif un modèle obsolète.
Le taux d’alphabétisation s'élève à 80%, mais il demeure en dessous des critères des pays industrialisés et certaines régions comme le Tibet, atteignent difficilement les 60% d’alphabétisation. Dans cette région, à peine la moitié des enfants tibétains de moins de 12 ans vont à école primaire où l’enseignement s’effectue généralement en tibétain tandis que dans les classes supérieures, la langue chinoise prend le relais. Nombre de minorités ne peuvent pas lire les caractères chinois, mais sont capables de déchiffrer leur propre écriture. Il en va de même pour les enfants qui ne bénéficient pas de l'école, n'étant pas inscrit sur les registres de l'État (Cf. La Politique de l'enfant unique).
En Chine, l'école publique est gratuite et ouverte à tous, mais comme l’a souligné Philippe Massonet, Responsable de l’Agence France Presse en Chine, lors de notre visite dans son agence, l'État se désengage de plus en plus des frais liés à l'éducation des enfants (manuels scolaires et autres fournitures). Ces frais étant de plus en plus élevés, de nombreuses familles modestes ont toutes les peines du monde à y faire face. La création croissante des écoles privées, essentiellement dans les grandes villes, augmente encore le fossé entre les enfants issus des classes aisées et ceux provenant de milieux plus populaires.
Enfin, alors que l'État avait l’habitude de payer la totalité des droits d’inscription, même ceux de l'université (les diplômés universitaires devant en retour accepter l’emploi que l'État leur attribuait), il a validé de nouvelles dispositions dans les années 1990. Désormais les étudiants doivent payer leurs études et choisir leur métier. Bien que la plupart des Chinois ne peuvent se le permettre, les familles dotées de bonnes relations dans les sphères étatiques rencontrent peu de difficultés.


Notre méthodologie en Chine

Compte tenu de la rigidité de l’administration chinoise, du manque d’objectivité évident de ses institutions éducatives et d’un pré-formatage de certaines réponses qui ne pouvait convenir à la liberté de ton qu’exige notre projet, nous avons décidé de mener différemment notre action auprès des enfants chinois.
En effet, les services de l’administration française en Chine nous ont clairement expliqué que la seule école qu'il nous était possible de voir, était l'école modèle récemment créée pour l'élite chinoise habitant dans le quartier des ambassades. Or la fragilité des relations instituées entre le Lycée français de Pékin et cette école et les tensions « diplomatiques et politiques », nous empêchaient d’approcher cette école aussi naturellement qu’à Irkoutsk ou à Oulan Bator. En tentant de prendre contact directement avec des écoles chinoises, d’autres obstacles sont apparus. Les écoles chinoises ne sont pas autorisées à accueillir des étrangers sans permission préalable de l’administration de l'éducation (dépendant directement de l'État), moyennant bien entendu des démarches officielles fastidieuses pour valider le bien-fondé d’une telle étude en Chine. Quoiqu’il en soit, munis de ces autorisations, il parut ensuite manifeste que, dans le cas où nous serions intervenus dans une classe, les questions auraient été initialement présentées aux élevés dans le but d’orienter leurs réponses vers un dénominateur commun acceptable pour l’image que la Chine veut véhiculer à l'extérieur de ses frontières. Ce qui conférait à notre étude un manque d'objectivité évident.
Ainsi, nous avons préféré rencontrer les enfants chinois en dehors des structures scolaires pour parler avec eux individuellement ou par petits groupes et les interroger de manière moins conventionnelle et plus spontanée. Cette méthodologie, suivie en Chine et au Tibet, présente toutefois l’inconvénient du manque d’exhaustivité, les enfants n’ayant répondu que partiellement au questionnaire, traduit parfois difficilement par des Chinois ou Tibétains de passage. De plus, les réponses données oralement ont conduit parfois les enfants à citer ce que le voisin avait dit, biaisant ainsi les résultats.


Les enfants chinois

Cette étude a été principalement réalisée dans les rues de Pingyao et de Chengdu et dans les villages du centre du Tibet (région U). Quoiqu’il en soit, les réponses nous permettent d'esquisser un profil type de l’enfant chinois d’aujourd’hui.
Les enfants chinois évoluent dans une sphère fortement empreinte de culture nationale ; ils sont peu ou prou en contact avec un environnement audiovisuel étranger. Ce constat est peut-être moins fréquent dans les grandes villes telles que Pékin ou Shanghai. Ainsi les personnes auxquelles ils s’identifient, demeurent les héros officiels de la Chine : le Président, l’astronaute qui a réussi tout récemment la première mission spatiale du pays, les grands lamas pour les enfants tibétains et les actrices chinoises reconnues internationalement telles que Gong Li.
Les seules références étrangères se retrouvent dans les figures sportives internationales telles que les footballeurs Beckham, Ronaldo ou Zidane et les basketteurs américains les plus célèbres, Michael Jordan et Shaquille O’Neal.

Cet ancrage pro-chinois est également visible dans de nombreux autres thèmes du questionnaire : la musique, la littérature, le sport, l’alimentation et l’événement récent. Les chanteurs du pays font partie de leur univers, les chansons chinoises émanant de tous les magasins à toutes heures de la journée. Les chansons occidentales qui connaissent du succès (la chanson du film « Titanic » par exemple) sont, quant à elles, bien souvent remixées en chinois. Les livres scolaires sont plébiscités par l’ensemble des écoliers ; certains citent des titres de la littérature chinoise, mais ils constituent une minorité.
Les sports les plus cités sont ceux dans lesquels les athlètes chinois excellent ; le badminton, le basket, les arts martiaux et en priorité le kung fu, le ping-pong et la gymnastique semblent les plus pratiqués par les enfants interrogés qui les découvrent bien souvent à l'école.

Concernant les plats favoris, depuis des millénaires, le riz constitue la base de l’alimentation des Chinois et des enfants. La réponse attendue fut donc les plats à base de riz; les dumplings ou jiaozi viennent ensuite (ce sont des raviolis farcis avec des épinards, des légumes ou de la viande).
Les autres réponses font référence à la gastronomie chinoise qui peut se résumer ainsi et les Chinois l’avouent eux-mêmes : « ils mangent tout ce qui rampe sauf le train, tout ce qui a quatre pattes sauf la table et tout ce qui vole sauf l’avion ». Les enfants tibétains ont, quant à eux, cité en grande majorité les momos (raviolis tibétains), la tsampa qui est une farine mêlée d’orge préalablement grillée et le yack séché. Ces trois plats constituent la base de l’alimentation des habitants des villages éloignés de Lhassa.

Le dernier point concernant l’univers des enfants chinois est l'événement récent qui les a le plus impressionnés. Pour les petits urbains, le lancement de la première fusée envoyée dans l’espace par les Chinois en octobre 2003 constituait le fait majeur. Les enfants des villages tibétains sont restés plus hésitants face à cette question. Après réflexion, ils ont fait référence pour la plupart à des événements familiaux tels que le retour des grands-parents de leur pèlerinage au mont Kailash ou au lac Nam-Tso.
L’univers chinois dans lequel baignent les écoliers inclut également pour une grande part la religion ou les croyances ancestrales du pays. Ainsi, les personnages que les enfants préfèrent sont issus du bouddhisme. Les enfants des villes citent quasi-unanimement les personnages du film japonais connu sous le nom de « Songoku » (singe); histoire tirée du « Voyage en occident », ouvrage du XVIe siècle s’inspirant avec humour des aventures du moine Xuan Zang qui se rendit en Inde au VIIe siècle pour en rapporter des textes bouddhiques. Xuan Zang est accompagné d’un singe, d’un cochon et d’un esprit féminin. La religion apparaît également dans le plus beau rêve des enfants tibétains qui indiquent souvent spontanément : « devenir lama ».
Autre élément important de leur environnement : la famille. Ce qui est essentiel dans leur vie quotidienne, c’est « la famille » avant même « l'école » et le fait de « manger ». Le plus beau rêve de certains est de devenir plus tard comme leur père et d’espérer que leurs parents vieillissent dans de bonnes conditions. Lorsqu’on leur demande la profession qu’ils souhaitent exercer plus tard, les enfants des campagnes, ayant du mal à se projeter dans l’avenir, citent en référence la profession du père ; les enfants urbains, quant à eux, poussés par leurs parents, souhaitent profiter du développement rapide de l'économie du pays qui crée de véritables vocations d’hommes et de femmes d’affaires. Mais indifféremment dans les villes et les campagnes, le dénominateur commun pour la profession future reste l’acquisition rapide de l’argent.
Les réponses obtenues sur les autres questions restent similaires à celles des enfants de Russie ou de Mongolie. Ainsi, les voyages animent les rêves de nombreux enfants qui souhaitent visiter Paris, Pékin et la grande muraille et se rendre aux États-Unis.
Lorsqu’ils quittent l'école, la première chose qu’ils font est de manger (les enfants des villes changent auparavant leur tenue, retirant le jogging fourni par l'école ; les enfants tibétains vont souvent rejoindre leurs parents dans les champs).
Leurs mots favoris sont ancrés dans l’univers animalier avec une préférence nette pour la « tortue » et les « oiseaux ». Des mots tels que « pays », « patrie » et « harmonie » font plus référence aux spécificités de la Chine.
Et enfin, les questions qu’ils souhaitent poser aux enfants français concernent les connaissances de ces derniers sur la Chine (Aimes-tu la Chine ? Connais-tu la Chine ? Veux-tu venir en Chine ?…) et leurs goûts (Quel est ta couleur préférée ? Qu’aimes-tu manger ?…).

Un fait important déjà observé en Russie et en Mongolie, mais qui semble plus développé en Chine, est l’univers de guérilla urbaine que les jeunes garçons affectionnent dans les jeux vidéos. En effet, les garçons passent de longues heures dans des cafés Internet pour jouer aux différents jeux en réseau créés essentiellement par des entreprises asiatiques. L’univers de ces jeux vidéos s’inscrit de manière flagrante dans la violence, le combat de plusieurs équipes à l’aide d’armes blanches, de kalachnikovs, de pistolets en tout genre. Ces jeux constituent pour la plupart leur passe-temps favori.

vendredi 12 mars 2010

Rencontre avec les élèves de l'école 44

Le système scolaire en Russie 

Les enfants russes commencent l'école entre 6 et 7 ans. Avant cela, leurs parents ont la possibilité de les garder à la maison ou de les envoyer au jardin d'enfants. L'école primaire dure trois ou quatre ans, en fonction du rythme scolaire retenu. Le programme de trois ans (de la 1ère à la 3ème, à l'inverse du système éducatif français) est plus intensif et donc réservé aux meilleurs élèves. Le programme de quatre ans est en revanche plus détaillé. 
Les élèves ayant suivi le programme de trois ans passent directement de la 3ème à la 5ème, première classe de l'école d'enseignement général (de la 5ème à la 9ème) correspondant à notre collège. L'école d'enseignement secondaire (10ème et 11ème) est, quant à elle, assez proche de notre lycée, à ceci près que l'équivalent de la seconde dépend encore du collège. Après les examens de fin d'études (en 11ème), les meilleurs éléments sont admis dans les écoles supérieures et les universités, tandis que les autres ou ceux qui le désirent, sont dirigés vers des collèges professionnels. 


Irkoutsk compte 80 écoles dont 23 enseignent le français (près de soixante enseignent l'anglais). Grâce à l'excellente collaboration de M. Laurent Attal, responsable du Centre  Culturel Français d'Irkoutsk, Mme Zinaïda Mikhaeva, professeur de Français, passionnée de langue et de culture française nous a reçus le 5 septembre 2003, quelques jours seulement après la rentrée des classes, fixée chaque année au 1er septembre. Nous avons ainsi réussi à rencontrer des enfants russes, quelques jours après la rentrée et la veille de notre départ pour la steppe mongole. Nous tenons tout d'abord à la remercier pour son parfait rôle d'animatrice ainsi que pour la grande aide qu´elle et ses deux assistants nous ont fournie lors de la traduction des questionnaires. 

Nous avons successivement interrogé deux classes, la 5ème K (option langues) et la 7ème B (option biologie). Les vingt élèves de la 5ème K sont âgés de dix à onze ans tandis que les huit élèves de 7ème B ont onze ou douze, soit un an de plus que l'âge maximum requis dans le cadre de notre étude. Cependant, l'opportunité de rencontrer une classe supplémentaire et de mesurer des divergences d'opinion entre des enfants qui n'ont qu'un ou deux ans d'écart nous a paru intéressante.  


Synthèse des réponses obtenues 

Les enfants russes que nous avons interrogés semblent être très sensibles aux influences étrangères et plus particulièrement aux médias nord-américains. Ainsi, ils préfèrent les personnages de séries ou de films américains, principalement ceux évoluant dans un cadre fantastique ou imaginaire. De même, leurs livres favoris sont essentiellement des ouvrages appartenant à la littérature fantastique anglo-saxonne, et les adultes auxquels ils aimeraient ressembler sont souvent des stars américaines. Comme dans la plupart des pays occidentaux, les produits culturels d'outre-atlantique sont, il est vrai, très présents dans l'environnement médiatique de ces enfants. Cependant, leur culture propre reste vivace, notamment en ce qui concerne leurs goûts musicaux et au travers de la dernière question, lorsqu'ils  s'interrogent sur la manière dont les enfants français perçoivent la Russie et la culture russe.
Ces enfants de Sibérie orientale, mais tous de souche russe, appartiennent indubitablement à la sphère culturelle occidentale, celle de la natation, des super héros et du poulet frites. Comme de nombreux jeunes occidentaux, leurs meilleurs souvenirs s'inscrivent dans une temporalité proche, leurs dernières vacances ou la rentrée - rien de plus normal à cette période de l'année - et ils ont des rêves très personnels, de voyages et de rencontres - surtout avec les personnes auxquelles ils s'identifient.
Ils n'en demeurent pas moins des enfants de dix, onze ou douze ans qui aiment le sport, font leurs devoirs après l'école et jouent avec leurs jouets, leurs peluches et de plus en plus aux jeux vidéos. Ce sont des enfants dont les références demeurent très liées à leur vie quotidienne, ils aiment leurs parents, leurs frères et sœurs et leurs animaux de compagnie, comme tous les enfants du monde.   
       
Détail des réponses des élèves

 

Q1. A la question concernant le personnage de films, livres ou dessins animés qu´ils préfèrent, les élèves de 5ème K ont largement cité des personnages fantastiques liés à l´imaginaire (13 réponses sur 20). Une distinction peut être faite entre les garçons et les filles : les premiers ont choisi prioritairement les super héros en soulignant la notion de bravoure (6 réponses sur 7); les filles, quant à elles, sont plus attirées par les valeurs esthétiques et morales (7 réponses sur 13). Les élèves de 7ème, quant à eux, ont proposé des personnages différents et très variés, même si les raisons principales de leur choix sont identiques à celles des plus jeunes : la bravoure (4), les valeurs esthétiques et morales (3).
 Une nouvelle notion apparaît, celle du sens de l´humour qui a dicté 3 réponses. Pour les deux classes, les personnages les plus cités proviennent essentiellement de supports réalisés à l´étranger. Pour la 5ème, 17 réponses sur 20 vont dans ce sens : les sœurs Olsen, Jackie Chan, Harry Potter, Tom Sawyer, Gwendalf, Spiderman, Mike de "Monstres et Compagnie", Blanche-neige, Paipir..., dont 13 sont liés directement à des productions américaines. 3 personnages russes seulement ont été choisis : Trois Bogatia (chevaliers issus d'une fable russe), L´Oncle Furder (dessin animé) et Chebourachka (personnage imaginaire). 7 jeunes filles sur 13 préfèrent et s´identifient même (Cf. Question 2) à l´une ou globalement aux sœurs Olsen de la série américaine "Charmed", sorcières des temps modernes qui utilisent leurs pouvoirs pour répandre le "Bien" autour d'elles. Même constat pour la 7ème, 6 réponses sur 8 font référence à des personnages étrangers : Jackie Chan, D´Artagnan, Mary Poppins, Pierre Richard, Liloo du "5ème Élément", Arnold Schwarzeneger; 2 réponses proposent des personnages russes : No Pagadi (dessin animé mettant en scène un loup et un lièvre) et "Ivan Vassilevitch change de métier". 

Q2. A la question, y a t il un adulte près de toi ou dans le monde auquel tu aimerais ressembler, le critère déterminant dans le choix des élèves de 5ème est celui du Pouvoir :
- le pouvoir politique avec les chefs d´état (Jacques Chirac, Elizabeth II citée par un garçon, Vladimir Poutine),
- le pouvoir médiatique des stars de la chanson (Britney Spears, Shakira, Kristine Orbakaïtié – chanteuse russe) et des acteurs de cinéma (Alyssa Milano, Mary Kate, Schwarzeneger...),
- le pouvoir de l'autorité parentale (papa),
- le pouvoir inconditionnel des héros (agent secret américain).
17 réponses font référence à des personnages étrangers, 2 à des figures russes.
Les élèves de 12 ans ont pris en exemple des membres de leur famille (papa, maman, tante : 4 réponses sur 8) et des sportifs (Mohammed Ali et Olga Romanova, championne de danse). Deux enfants ne se sont pas prononcés. 

Q3 et Q4. Les jeux ou jouets utilisés le plus souvent par les élèves de 5ème soulignent le passage qu'ils sont en train de vivre actuellement entre l'enfance (peluches, poupées, cache-cache, Tamagushi, tretirichni – jeu russe pour enfants) et l'adolescence avec l'arrivée de jeux plus stratégiques, faisant appel à la réflexion ou tout simplement liés au monde des adultes (Tetris, jeux d'ordinateur, jeux de plateaux, cartes, armes, avion de guerre, boxe). Les jeux et jouets qu'ils aimeraient avoir, reflètent ce même tiraillement : d'un côté, le souhait d'obtenir une peluche (3 réponses), une poupée ou ses accessoires (6 réponses) et de l'autre, l'envie de posséder une mitraillette (3 réponses), une Playstation (1 réponse) et un scooter (1 réponse). Cinq élèves n´ont toutefois rien répondu. 
Les élèves de 7ème ont délaissé leurs peluches et poupées (2) pour des jeux d'adolescents : puzzle (3), ordinateur (3), jeux vidéos (1) et jeux de plateaux (2). Ce qu'ils souhaitent avoir reste dans le domaine des jeux vidéo. 

Q5. Le métier que souhaitent exercer les élèves de 5ème dépend essentiellement de deux critères: 
- l'envie de voyager, chose que les parents et grands-parents n'ont pas pu forcément faire sous l'ère soviétique : interprète (6 réponses), mannequin (2), acteur (2), chanteur (2), Président de la Russie (1). 
- l'envie de gagner de l'argent, peut-être due à l'avènement d'une classe moyenne depuis l'ouverture du pays : designer styliste (1), acteur (2), avocat (1), mannequin (2).
Les raisons invoquées pour les autres choix sont axées plutôt sur l'amour de la profession : pompier (1), chanteur (2), coiffeur (1), architecte (1). La classe interrogée étant spécialisée dans l'apprentissage des langues, il n'est pas anormal d'obtenir 6 réponses sur 20 pour le métier d'interprète.
La classe de 7ème, ayant choisi l'option biologie, souhaite exercer en majorité des professions dans ce domaine : vétérinaire (2), préparateur en pharmacie (1), psychologue (1). Les autres ont indiqué des métiers totalement différents : designer (1), archéologue (1), acteurs (2), sans préciser les raisons de leur choix. 

Q6. Ce qu'ils considèrent comme étant important dans leur vie quotidienne est le fait d'avoir des parents et une famille autour d'eux (15 réponses sur 20 pour la 5ème et 3 sur 8 pour la  7ème) et pour les plus jeunes, dans une moindre mesure, de recevoir l'affection d'un animal de compagnie, chien ou chat (4 réponses, choix non proposé initialement dans la liste). La possibilité de recevoir un enseignement et d'aller à l'école a été citée par trois élèves de 5ème et deux de 7ème. Les autres choix proposés : "regarder la télévision", "jouer avec tes copains", "manger" n'ont pas du tout été retenus par les élèves de 5ème, qui ont préféré indiquer d'autres valeurs telles que "vivre", "Dieu" et "se reposer". En revanche, "regarder la télévision" et "jouer avec tes copains" constituent les autres choix de la classe de 7ème (3 réponses). 

Q7. L'événement récent qui les a le plus marqués, fait référence à un passé extrêmement proche qui les concerne directement ou touche le noyau familial. Pour certains, il s'agit des vacances qu'ils ont passées pour la plupart au lac Baïkal (5 réponses), de la rentrée scolaire qui a eu lieu quatre jours plus tôt (5 réponses); pour d'autres, la mort d'une grand-mère, la naissance d'un proche, la rencontre de nouveaux amis. La classe de 7ème a également choisi des événements qui ont eu lieu pendant leurs vacances d'été : colonie de vacances au lac Baïkal (2), la visite de villes russes éloignées d'Irkoutsk (3), l'anniversaire d´une sœur et la réception d'une lettre d'un ami. 

Q8. Après l'école, la majorité des élèves de 5ème rentre chez eux et effectue immédiatement leurs devoirs (14 réponses) avant de se consacrer à des activités parascolaires (piano, danse, ordinateur, lecture). Les autres, en revanche, préfèrent se détendre en regardant la télévision (1), en discutant avec des amis ou leurs parents (4) ou en jouant avec leur chien (1) avant de recommencer à travailler. 6 élèves de 7ème sur 8 ont répondu qu´ils rentraient faire leurs devoirs, directement après la classe, tandis que les deux autres pratiquent leur sport favori (danse et natation). 

Q9. Leur plus beau rêve les concerne directement (comme dans la question 7), excepté pour deux d'entre eux qui ont indiqué des rêves sous forme de souhaits universels : "que les gens ne meurent pas" et "que tout le monde sur terre soit heureux". Dans les autres réponses, on retrouve l'envie de voyager (aller en France : 4 réponses, aller à Moscou : 1, aller aux Etats Unis : 3, aller en Angleterre : 1, aller dans tous les pays du monde: 2), et celle de rencontrer les personnages auxquels ils s´identifient (voir Elizabeth II: 1, rencontrer les soeurs Olsen et Shakira: 3) ou de se fondre complètement dans ces personnages qu'ils vénèrent (être Harry  Potter: 1, devenir actrice de la série "Charmed": 2). 
Pour certains élèves, le rêve s'apparente plus à des désirs quelque peu irréalisables : avoir une grande sœur (1), devenir le Maître du Monde (1), ou à l'envie de posséder un objet (un ordinateur (1)). Cette envie de posséder est également présente chez les élèves de 7ème (un yacht :1, un million de dollars : 1, un chien : 2). "Devenir championne de danse", "devenir président de la Russie", "visiter Saint-Pétersbourg", "que ma sœur reste en bonne santé" ont également été cités. 

Q10. Lorsque l'on interroge les écoliers de 5ème sur leur livre préféré, les ouvrages fantastiques arrivent en tête des réponses (12 réponses) avec une nette préférence pour le best-seller universel "Harry Potter" (6 réponses); sont également cités Stephen King et le Seigneur des Anneaux. Ainsi, parmi tous ces romans de langue anglaise, seuls trois livres russes ont été choisis. Il faut tout de même signaler que 4 élèves avouent ne pas avoir de livres préférés ou même ne pas aimer lire.
Sept élèves de 7ème n´ont pas indiqué de livres particuliers mais plutôt des styles littéraires : les livres policiers sont les plus largement cités (3) avant les histoires d´aventures (3 dont Croc Blancs de Jack London) et de science-fiction (1). Un seul n'a pas souhaité se prononcer. 

Q11. En ce qui concerne leur chanson préférée, la Russie est cette fois-ci bien représentée. En effet, les élèves de 5ème K citent Igor Kornelouk (4 réponses), Gloucosa (2), André Gobine, Akva, Korsakhov ou même l'hymne national du pays. La chanteuse francophone Ingrid est très appréciée des jeunes filles (5 réponses), la comédie musicale Notre-Dame de Paris n'est citée qu'une fois malgré son énorme succès ici en Russie. Les chanteurs anglo-saxons sont finalement assez marginalisés lorsqu'on ne parle plus d'identification (Cf. Question 2) mais de goût musical (une seule citation pour Britney Spears).
Même constat pour leurs aînés : 6 chansons ou groupes russes ont été choisis (entre autre les chansons de la Star Academy russe, le groupe de rock Viagra...) et 2 chansons francophones (Notre-Dame de Paris et "Tu m´as promis" de la chanteuse Ingrid). 

Q12. En termes de sport, les élèves de 5ème K pratiquent plus volontiers la natation (7 réponses), le football (4), le cyclisme (4), le tennis (3), et le ski (3). La danse sportive, le patinage, le basket, le volley et la lutte sont également cités. 
Les sports individuels sont ainsi plus représentés que les sports collectifs pour cette classe, à la différence des élèves de la 7ème B qui pratiquent plus massivement les sports collectifs (3 réponses pour le foot, 4 pour le volley, 2 pour le basket) que les sports individuels (4 pour la natation, 2 pour la lutte, 2 pour la danse sportive, 1 pour le badminton). Toutefois, la natation (sport pratiqué l'hiver dans le cadre de l'école qui dispose d'une piscine dans l'enceinte de l'établissement) et le football semblent être les sports préférés des jeunes Irkoutskiens. 

Q13. Le plat préféré des jeunes interrogés est, sans conteste, le "poulet grillé pommes de terre". La pomme de terre, sous toutes ses formes (purée, frites, bouillies, sautées) fait l'unanimité. Ainsi, les élèves de 5ème ont choisi le poulet et les pizzas (3 réponses) accompagnés de pommes de terre (5 réponses) ou de salades (2). Les hamburgers russes (Mac Donald's ayant arrêté son expansion vers l'est à Yekaterinenburg) recueillent 2 réponses de même que les Pilménis (raviolis russes) et les produits de la mer (poisson, crevettes, calamars). Sont également cités la nourriture chinoise, les pirojkis (beignets de viande ou de légumes), les sushis, le Plov (plat ouzbek) et les pâtes au fromage "à la française". Deux enfants avouent aimer beaucoup manger.
A la quasi-unanimité, les élèves de 7ème B ont cité le poulet (7 sur 8) accompagné de pommes de terre (5) ou de salade (2), le poisson et les spaghettis. 

Q14. Le mot le plus important pour les enfants de 5ème fait surtout référence au monde animal : "chien" (4), "chat" (2) et "petit rat". Les mots usuels comme "salut" (2), "merci" (2), "j'aime" (2), "je déteste" ou "au revoir" et les concepts plus personnels comme "donner" (2) et "beauté" ont également été choisis.
Les élèves de 7ème B sont plus dubitatifs ; 3 sur 8 ne savent pas et les autres répondent de manière très éclectique : "faim", "joyeux", "ordinateur", "bouc" (légère insulte) ou "tous les mots". Encore une fois, les enfants de 10 à 11 ans continuent d'appartenir au monde simple et doux de l'enfance. 

Q15. Les questions que les enfants de 5ème souhaitent poser à leurs homologues français, portent principalement sur la manière dont ils étudient dans leur pays (6) et sur leur perception de la Russie, des Russes ou de la langue russe (5). Ils s'interrogent également sur le désir des enfants français de visiter la Russie (3) et s'ils ont déjà visité la Tour Eiffel, le Louvre ou la Pologne.
Les autres questions sont plus personnelles :
- Veux-tu correspondre avec moi ? (3)
- Comment ça va ? (2)
- Es-tu en bonne santé ? Quel âge as-tu ? Comment t´appelles-tu ? 
- Crois-tu en Dieu ? (une seule fillette a évoqué à deux reprises la religion).

Les élèves de 7ème B se cantonnent à ces mêmes questions personnelles :
- Comment ça va ? (3)
- Comment t´appelles-tu ?
- En quelle classe es-tu ?
- Qu'aimes-tu faire ?
- Veux-tu faire connaissance avec des enfants russes ?
En effet, les huit élèves de 7ème B sont tous intéressés par le suivi d'une correspondance avec des enfants français.   

Les dessins 

Seuls les élèves de 5ème K ont eu le temps de réaliser un dessin, mais seulement celui pour lequel nous leur demandions de se dessiner à côté de leur maison. En effet, nous n'avons pu effectuer ce test qu'en deux fois 40 minutes alors qu'il leur aurait fallu deux heures pleines pour répondre au questionnaire et de réaliser les deux dessins.  
Nous pouvons observer, au regard de ces dessins, que la plupart des enfants habitent en appartement, quatre enfants seulement s'étant dessinés à côté d'un pavillon. Même si ces enfants sont issus, pour la plupart, de classes moyennes ou aisées, le fait de vivre dans une maison privative demeure très rare dans les grandes villes de la Russie moderne. Il faut enfin signaler que cinq enfants se sont dessinés devant leur maison, mettant ainsi leur dessins en perspective.